CyberAcadie

L'histoire acadienne, au bout des doigts

Robert Gravé Du Pont (fils de François) Version imprimable

GRAVÉ DU PONT (aussi appelé Pont-Gravé et Du Pont-Gravé), ROBERT, capitaine de vaisseau, trafiquant de fourrures, fondateur du premier établissement européen dans ce qui est aujourd’hui le Nouveau-Brunswick, et peut-être le premier Blanc à se familiariser avec la langue et les usages des Etchemins (Malécites), né vers 1585 à Saint-Malo, fils de Francois Gravé Du Pont et de Christine Martin, décédé le 9 novembre 1621.

Au printemps de 1606, Robert Gravé Du Pont s’embarqua pour l’Acadie avec Jean de Biencourt de Poutrincourt. Ce même automne, il accompagna Champlain et Poutrincourt dans un voyage d’exploration du rivage atlantique jusqu’au cap Cod (cap Blanc). Alors qu’ils étaient attaqués par quelque 400 sauvages, l’éclatement de son mousquet lui emporta une partie de la main. Revenu avec l’expédition à Port-Royal, il prit une part active au trafic des fourrures.

Vers 1610, son commerce était concentré autour de la rivière Saint-Jean. La même année, Poutrincourt le mit en état d’arrestation sur la plainte des Etchemins que Gravé Du Pont avait enlevé une de leurs femmes. Une autre raison encore justifiait son arrestation : on estimait que son inconduite et son mépris des lois donnaient aux Indiens une piètre idée des Blancs. Mais Robert Gravé s’enfuit et alla vivre au milieu des Indiens, qu’il entreprit de soulever contre les autorités françaises et de détourner de l’œuvre d’évangélisation.

Quand le père Biard arriva en Acadie au printemps de 1611, il fut mis au courant de la situation et il s’employa, quelques semaines plus tard, à obtenir du gouverneur la grâce de Gravé. Cette proposition souleva de vives discussions au cours desquelles Poutrincourt protesta vigoureusement contre l’intervention du père dans les affaires du gouvernement. Dès lors Gravé se rendit et il jura fidélité à Poutrincourt. Plus tard dans la même année, Charles de Biencourt, nommé commandant en Acadie, apprit que Gravé complotait le renversement des Poutrincourt. On envoya Louis Hébert avec un détachement pour le faire prisonnier à Emenenic (l’île de Caton) sur la rivière Saint-Jean. Ce poste de traite, ouvert par le jeune Gravé, fut le premier essai d’établissement au Nouveau-Brunswick. Hébert s’empara du poste. Gravé et son adjoint, le capitaine Merveille, étaient absents, mais celui que l’on avait laissé pour commander le poste avoua l’existence du complot.

Le 3 octobre 1611, Biencourt fit partir un détachement de 16 hommes, accompagné par le père Biard, et deux guides indiens pour le poste de Gravé sur la Saint-Jean. Cette fois non plus, Robert Gravé et le capitaine Merveille ne s’y trouvaient pas, mais le soir, on prit Merveille sans avoir rejoint Gravé. Le père Biard admirait « la grande vigueur physique et intellectuelle » de Robert Gravé Du Pont et il comptait sur lui comme interprète auprès des Indiens du lieu. Il partit à sa recherche, après avoir obtenu la parole de Biencourt qu’on ne lui ferait pas de mal. Il revint quelques jours plus tard avec Gravé à qui l’on fit grâce sur sa promesse de s’amender.

Gravé Du Pont occupa encore son poste sur la Saint-Jean jusqu’en 1618. Il appert qu’il faisait régulièrement des voyages en Fiance pour y porter les fourrures qu’il avait rassemblées. Il commandait, en 1619, le vaisseau Espérance, qui faisait partie d’une expédition française aux Indes orientales. Les Hollandais y brûlèrent le vaisseau en 1621. Gravé mourut en mer peu après.

George MacBeath


Source
JR (Thwaites).— Lescarbot, Histoire (Grant).— Bréard, Documents relatifs à la marine normande, 94, 215–220, 226.— Huguet, Poutrincourt.
© 2000 University of Toronto/Université Laval
Source document :
Dictionnaire biographique du Canada en ligne
, Bibliothèque nationale du Canada et archives nationales du Canada


Dernière mise à jour : ( 22-02-2009 )
 
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