CyberAcadie

L'histoire acadienne, au bout des doigts

Mathieu Martin Version imprimable

MARTIN, MATHIEU, tisserand, seigneur de Cobequid (Truro, N.-É.), né en 1636 ou 1637, fils de Pierre Martin et de Catherine Vigneau, mort célibataire avant avril 1724, probablement dans sa seigneurie.

Tout en exerçant son métier de tisserand, Martin s’occupa des affaires des commerçants de pelleteries, tant à Port-Royal (Annapolis Royal, N.-É.) où il vivait avec son père qu’au bassin des Mines. Il est possible que ses excursions en haut de la baie Française (baie de Fundy) aient été pour quelque chose dans la concession qui lui fut faite de Cobequid en mars 1689 et qu’il nomma Saint-Mathieu. Il lui fallut surmonter certaines difficultés avec Mathieu de Goutin, qui réclamait Cobequid, voulant y établir un débit d’eau-de-vie pour la traite avec les Indiens. Clairvoyant et déterminé, Martin sut faire prospérer sa concession. S’étant occupé d’abord à préparer le terrain, il y reçut vers 1699 trois familles venues de Port-Royal. Quatre ans plus tard, en 1703, on y comptait 19 familles, et 23 en 1714.

Quoique les recensements ne le mentionnent pas entre 1693 et 1714, alors qu’il se trouve à Port-Royal (1693) et à Cobequid (1714), Martin habita sans doute dans sa seigneurie dès l’arrivée de ses premiers tenanciers. C’est probablement là qu’il mourut.

Plusieurs personnes se prétendirent ses héritiers, mais le conseil de la Nouvelle-Écosse décida que la seigneurie passerait à la couronne d’Angleterre. En 1732, le lieutenant-gouverneur Lawrence Armstrong, voulant mettre fin aux réclamations, stipula que l’on fît abstraction du testament de Mathieu Martin, parce que « sa vie durant il ne voulut jamais reconnaître ce gouvernement ». Il avait pourtant prêté le serment d’allégeance à Port-Royal en 1695. C’est ainsi que tous les droits rattachés à cette seigneurie passèrent à l’Angleterre.

Clarence J. d’Entremont


Source
AN, Col., C11D, 2, f.126 ; Section Outre-Mer, G1, 466 (Recensements de l’Acadie, 1671, 1693, 1698, 1700, 1701, 1703, 1707, 1714). — Mass. Archives, II : 540. — N.S. Archives, II : 94 ; III : 53, 196, 199. — PRO, CSP, Col., 1732. — P.-G. Roy, Inv. concessions, IV : 38s. — Arsenault, Hist. et généal. des Acadiens, I : 46, 58, 78s., 458. — W. P. Bell, The « foreign protestants » and the settlement of Nova Scotia (Toronto, 1961), 73, 82s. — Murdoch, History of Nova-Scotia, I : 182, 416, 474, 475, 479. — Rameau de Saint-Père, Une colonie féodale, I : 189–192 ; II : 318, 323, 328s. — Archange Godbout, Les trois sœurs Esmard, MSGCF, I (1944–45) : 197–200.
© 2000 University of Toronto/Université Laval
Source document :
Dictionnaire biographique du Canada en ligne, Bibliothèque nationale du Canada et archives nationales du Canada

Dernière mise à jour : ( 22-02-2009 )
 
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